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Le 'cloud'
ou comment assombrir le ciel de son entreprise

Première période : l'interconnexion

Lorsqu'Internet devient largement diffusé et muni des puissants moteurs de recherche, il est logique que les entreprises cherchent à s'y raccorder : c'est pour elles un moyen économique de toucher de nouveaux clients potentiels.

Seconde période : la rationalisation

Certaines entreprises proposent du contenu sur Internet qui consomme beaucoup de bande passante. Pour elles, déplacer le serveur de l'entreprise vers un data center, pour bénéficier d'une meilleure connexion aux autoroutes de l'information, est une optimisation parfaitement rationnelle. C'est la même démarche que celle des transporteurs qui installent leurs dépôts a proximité des nœuds autoroutiers.

Troisième période : la diversification de l'offre crée le 'cloud'

On assiste ensuite à plusieurs mouvements simultanés :

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les hébergeurs proposent de ne plus simplement héberger le serveur du client dans le data center, mais de louer au client un serveur ;

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la technologie de virtualisation permet aux hébergeurs de découper un serveur réel en de multiples petits serveurs logiques, permettant ainsi de réduire le ticket d'entrée pour pouvoir héberger un service ;

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certaines entreprises, comme par exemple Amazon, qui ont développé pour leurs propres besoins un savoir-faire spécifique en terme d'infrastructure massive de service Internet proposent ces technologies.

Quand on réunit tous ces éléments, il devient possible de démarrer un service sur Internet avec un ticket d'entrée très faible, et de monter en capacité progressivement au fur et à mesure des besoins.
En théorie tout au moins.

A partir de là naît une nouvelle génération d'éditeurs de logiciels, qui proposent à l'entreprise de ne plus utiliser l'Internet comme une manière d'atteindre de nouveaux clients, mais comme une solution d'externalisation de son infrastructure informatique.

Quatrième période : la réaction des entreprises ou la tentation de la fuite en avant

Maintenant que nous avons vu comment la sous traitance généralisée de l'informatique a pu arriver dans certaines entreprises, posons nous la question du pourquoi ?

On a assisté à une une augmentation progressive des coûts de développement et d'exploitation liés à l'augmentation continue de la complexité des outils de développements et des systèmes informatiques en général.

Ce qu'auraient du chercher les entreprises, c'est le retour à plus de simplicité.

L'externalisation n'est en fait bien souvent qu'un signe de décrochage, une manière de ne plus avoir à traiter en interne le problème, mais ne fait que retarder les conséquences. En effet, le prestataire externe qui peut concentrer plus de moyens, plus de spécialistes du fait de la mutualisation pourra servir à court terme d'amortisseur à l'augmentation de prix, mais passé un certain stade, l'augmentation de la complexité se traduit inévitablement soit par une augmentation des coûts, soit par une augmentation des risques.

On peut en conséquence lister trois grandes étapes dans l'histoire de l'utilisation de l'informatique par les entreprises :

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Développement interne

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Sous traitance du développement à des SSII

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Sous traitance totale (Saas)

Les risques du 'cloud'

Si une entreprise déplace dans les cloud (Saas) certains de ses applicatifs, elle perd sur trois plans:

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D'une part, elle perd la maîtrise du calendrier.
Quand une application tourne sur un serveur interne, l'enterprise peut planifier les mises à jour, éventuellement revenir en arrière en cas de problème majeur.
Dans le cloud, c'est le prestataire qui impose la direction et le rythme, et si une mise à jour supprime ou rend inopérante une fonction devenue vitale pour l'entreprise, mais statistiquement pas cruciale pour le prestataire parce que n'ayant pas obtenu le succès escompté auprès des autre utilisateurs, ou étant devenue trop lourde à maintenir, ne comptez pas trop sur le conditions générales de vente pour vour sauver la mise ! Sans même parler du fait que ladite mise à jour arrivera sans préavis, éventuellement à un très mauvais moment pour l'entreprise, parce que le calendrier du prestataire, ce n'est pas celui de l'entreprise.

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Ensuite, elle perda à terme en productivité.
Une des, voir la principale difficulté dans la conception d'un bon système d'information pour une entreprise, c'est d'assurer la circulation automatique de l'information entre les différents modules qui le constitue.
Or, chacun sait que l'information que l'on extrait d'une application pour en renseigner une autre est souvent extraite non pas on utilisant une fonction de l'application, mais en contournant pour interroger directement le système de stockage dessous, base de donnée ou fichiers. Dans le cloud, cela est impossible puisque ce serait un trou de sécurité.

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Enfin, le cloud, c'est la possibilité d'un service qui s'arrête définitivement du jour au lendemain.
Quand un serveur interne tombe en panne, on le remplace. Eventuellement, cela pose quelques problèmes de compatibilité avec le nouveau matériel, mais cela reste du domaine du raisonnablement faisable. De même si l'entreprise éditrice d'un logiciel disparaît, il n'y a plus de mise à jour, mais cela laisse le temps de se retourner. Par contre, si une entreprise assurant du Saas ferme, par exemple parce que le service assuré s'avère non rentable, et bien c'est un service qui s'arrête du jour au lendemain, avec pertes et fracas. L'état est prêt à sauver les banques, pas les startups !

Le cloud n'a guère plus d'une dixaine d'années, et l'on a déjà assisté au service qui ferme brutalement, au client qui reçoit une lettre du type 'on est désolé, on a perdu vos données', aux fonctionalités supprimées, aux services de moins en moins intuitifs avec le temps.
Bref, tous les éléments sont là pour montrer à qui veut ouvrir les yeux qu'au niveau applicatif, le principal avantage du cloud était sa plus grande jeunesse, et que cet avantage ne durera pas.

Vers une utilisation raisonnable du 'cloud'

Le cloud n'est au final une bonne solution que pour un service non crucial pour le fonctionnement quotidien de l'entreprise, ou pour lequel il existe plusieurs prestataires et le passage à un autre est simple et immédiat.

Cette limite de bon sens se traduit la plupart du temps sous la forme : pas d'externalisation du matériel informatique qui stocke les données de l'entreprise.
On oublie trop souvent qu'une bien meilleure solution est d'avoir en local le serveur et les données, avec éventuellement une télémaintenance exercée par une société externe.